mardi 1 décembre 2009

Pour finir : gargouilles (22 et 23/23)

"Vingt deux" est un cheval, sellé, harnaché, ferré et muni des ses attributs virils.
Aucune symbolique ici, sinon de la reconnaissance pour un animal domestique bien utile à l'homme.
Hélas, à force de baver là-haut sur son perchoir, celui-ci a perdu sa mâchoire inférieure !




Enfin, "vingt trois" est un mouton : brebis ou agneau ?
Agneau pascal, symbole de l'innocence qu'on sacrifie pour apaiser la colère de Dieu ? Incarnation du sauveur ? Incarnation du chrétien ? Brebis égarée ? Libre aux moines qui fréquentaient le lieu d'en interpréter la symbolique !

Fait curieux, cette dernière gargouille ressemble à la première gargouille, comme une invitation à faire un nouveau tour !


Mais pour moi, la boucle est fermée. Je franchis l'unique passage vers les galeries, non sans jeter un dernier coup d'œil derrière moi pour contempler les tours qui jouent à cache-cache derrière les ocelles des baies !




Par ici la sortie… sur la place des Clercs !



Une petite publicité qui n'en n'est pas une, puisque le recueil est épuisé - quoi que je l'ai trouvé récemment sur le net à 15 euros - pour un livre réalisé il y a déjà dix ans par Christian Clément, Geneviève Dalier et moi-même, trois Amis des Arts du Toulois, pour les illustrations et par Alde Harmand, alors président des Jeunes Amis du Musée de Toul, pour les textes.


Ce fut une belle expérience et le souvenir des heures, glaciales ou caniculaires, passées dans le cloitre avec nos crayons et nos pinceaux et, selon la température, nos thermos ou notre gris de Toul, reste intense.
Pour la sortie du livre avec séance dédicaces, nous avions fait une exposition dans la magnifique salle de l'ancien hôpital du Saint-Esprit, (14ème siècle) gérée par l'association "Le Claveau". Les originaux de nos illustrations sont partis comme des petits pains !

Quant à ce reportage photos, il m'a donné une idée !

lundi 30 novembre 2009

Gargouille (21/23)




N'est-il pas touchant, cet animal (femelle ?) avec son petit sous son ventre ? Pourtant, tous deux sont armés de dents pointues et de griffes acérées moins avenantes que celles de leur voisin pseudo canin.
Cet animal fantastique possède quatre membres mais également deux grandes ailes d'oiseau. Membrure qui évoque celle des archanges dotés d'ailes d'oiseau plutôt que celle des dragons portant des ailes de chauve-souris.
On peut s'interroger sur le message donné par cette gargouille de belle facture ?

dimanche 29 novembre 2009

samedi 28 novembre 2009

Gargouille (20/23)


Cette gargouille ressemble à un chien, mais on admet que c'est un animal fantastique ayant quelque ressemblance par ses oreilles avec une chauve-souris…
Ses dents pointues et ses griffes acérées font-elles vraiment peur, alors que l'animal se gratte familièrement le cou ?
Vu ce qui a été dit sur le chien son voisin (gargouille 19), je vois dans cette sculpture une symbolique plutôt sympathique et peut-être non dénuée d'humour.

Avent

Nous voici entrés dans le temps de l'avent qui correspond chez les chrétiens aux 4 dimanches précédant la naissance de l'enfant Jésus fêtée le 25 décembre pour combattre les rites païens ! Une tradition de l'Avent est associée aux bougies que l'on allume dans certains pays sur des couronnes dites de l'Avent.

Nous y sommes donc en plein et partout les 4 bougies ont été remplacées par une gabegie de lumière et la ferveur chrétienne par une frénésie consommatrice qui dure plus d'un mois avant Noël. Gabegie plus contagieuse que le virus H1N1 puisque même les petits villages qui n'ont aucun commerce auquel donner un coup de pouce accrochent dans leurs ruelles habituellement obscures des guirlandes lumineuses d'un goût pas toujours heureux, guirlandes dont juste un ou deux matous mal voyants apprécient la lueur pour chasser quelque imprudent mulot !

Il y a quelques années à peine, mon petit village s'éclairait d'un timide sapin devant la mairie et de quelques étoiles récupérées parmi celles dont la ville de Toul ne voulait plus. Ces lumières n'étaient allumés que quelques soirées de décembre, en principe à partir de la Saint Nicolas. Si la municipalité dont je faisais partie a cédé à la demande populaire, j'avoue n'y avoir pas été favorable, mais je reconnais avoir été coupable par mon immobilisme...


Dire que je ne participe pas du tout à cette frénésie serait un mensonge ! Il y a la famille et c'est l'occasion rare de nous retrouver tous près de la cheminée, autour d'une table conviviale plus ou moins bling bling selon l'inspiration de l'année !










Mais je ne parlerai pas aujourd'hui du sapin… rrrrrrrrrrô !

vendredi 27 novembre 2009

Neu-neu

Neuves-Maisons en semaine avec "le bruit et l'odeur" ! La ferraille sortie des péniches se déplace d'un tas à un autre grâce aux grappins manœuvrés par trois immenses portiques en action, d'un beau bleu, d'un bleu fané et d'un jaune d'or très botanique !
Mais les appareils photos intriguent : on n'aime pas beaucoup les voir trainer dans le coin et ici, les hommes sont plus efficaces que des caméras de vidéosurveillance !
- Vous êtes qui ?
- Vous photographiez "mes" portiques !
Le monsieur a l'air très "cadre" ! Une courte mais sympathique conversation s'engagera. Bah, avec mon reflexe au cou et mon compact à la main, je n'ai ni l'air d'une espionne ni d'une terroriste… peut-être d'une journaliste qui enquête ?

Plus loin, le long de l'écluse à grand gabarit, Lupa à quatre pattes en train de photographier une petite fleur au sol intrigue tout autant.
- Savez-vous que vous avez ici de plantes qui viennent d'Afrique du Sud ?
Le second bonhomme est imperturbable et incrédule.
- Non, je ne suis pas éclusier, mais on m'a signalé des gens qui photographiaient les péniches !
…Et, après avoir aimablement répondu à nos deux ou trois questions, s'en retourne d'un pas tranquille, vers le parc à ferraille.








De l'autre côté du site sidérurgique bruyant et fumant, le coron attire la grisaille du ciel que de gros nuages gris envahissent donnant avec le vent frais qui s'est levé une ambiance adéquate. Le camion scolaire d'"amitiés tziganes" se rend à l'aire des gens du voyage coincée entre les fours ronflants et fumants et la voie ferrée.
Cela m'interpelle. C'est étonnant de la part d'une municipalité que l'on suppose être "sociale". À moins que ces gens-là ne soient, par opposition aux masses laborieuses locales, considérés comme des fainéants (?), qu'on accepte d'héberger selon les requêtes préfectorales, mais avec un strict minimum d'investissement et de confort ?

Le local de mémoire ouvrière, dans l'ancienne gare, était fermé : il faudra revenir un mercredi !





Ce ne sont pas des décorations de Noël, mais les fruits colorés d'une plante inconnue jusqu'alors (merci Lupa), dans un massif près de la gare où un énorme pied d'artichaut cachait son bourgeon au cœur de ses grosses feuilles.

jeudi 26 novembre 2009

Gargouille (19/23)

Le dernier côté du cloitre est exposé au Nord.



La première gargouille placée à côté du diable est un chien, tout simplement.
Au Moyen-âge, c'est le symbole de la fidélité (alors aux pieds des dames sur les tombeaux) et du courage (aux pieds des valeureux chevaliers).

mercredi 25 novembre 2009

Gargouille (18/23)

Et me voici pour la troisième fois au coin mais quel coin !
Celui-ci, bien à l'ombre au sud-ouest du cloitre, ne reçoit que les pâles rayons du soleil des petits matins d'été. C'est le seul angle occupé par une gargouille…
"Dix-huit" est le diable en personne, représenté sous forme d'une chauve-souris, animal des ténèbres et de la nuit, incarnation du mal au Moyen-âge, maléfique animal de compagnie des sorciers, encore de nos jours entouré de haines et de légendes.
Grandes ailes lisses, peau velue, doigts griffus, il se veut effrayant. Il y a pourtant une lueur d'espoir dans cette gargouille en la présence entre les griffes du mal d'un petit personnage humain muni d'une lance (en forme de croix) qui tente de terrasser son geôlier. Version laïque de Saint Michel ou de Saint Georges puisque l'homme n'est pas vêtu d'un costume de religieux.




Merci à Carpinien de m'avoir signalé la présence de deux escargots dans la frise, juste derrière la gargouille. Je ne les avais pas remarqués ! Curieux animal que ce mollusque qui peut-être déifié ou objet du diable mais est surtout symbole de la Résurrection.



Je ne reviendrai pas sur le dernier angle sud-est, juste au dessus de l'accès au jardin : il y eut une gargouille mais elle a disparu !

lundi 23 novembre 2009

Gargouille (17/23)

Signez-vous : voici un chat ! Griffes sorties et dents pointues.




On peut s'étonner de sa présence dans le cloitre car sa symbolique est proche du diable ! Le chat est en effet lié à l'hérésie. On en a brulé plus d'un et raison de plus s'il était noir, emblème et compagnon des sorcières et des magiciens…
Mais le diable n'est pas loin !

Couleurs de Nancy de l'autre côté du canal

Curieusement, le canal de la Marne au Rhin, et pire, la Meurthe, constituent une frontière naturelle que je franchis très rarement. De ce fait, tout ce qui est de l'autre côté, je ne le connais que ponctuellement. Un merci cordial au copain Dadu pour m'avoir fait découvrir ces banlieues très différentes des banlieues occidentales et méridionales de la ville qui me sont beaucoup plus familières.

Un petit vent glacial soufflait par là dimanche après-midi, mais il y avait de la couleur….

Une jolie péniche bleue sur le canal de la Marne au Rhin à Nancy, au pied de la passerelle Lecreult à côté de laquelle le gros platane avait encore quelques feuilles colorées.


Du rose dans le ciel et sur les immeubles.


Bizarre toutes ces couleurs qui ont été mises au mur de l'école d'Archi : on dirait presque du Mondrian !




Et puis, le turn over des graffs le long de la voie ferrée derrière la MJC Bazin affichait quelques nouveaux "tableaux" de belle facture.








Tandis qu'au loin, toujours majestueux et respectables, les grands Moulins recueillaient les derniers rayons du soleil.

dimanche 22 novembre 2009

Gargouilles (14, 15 et 16/23)

Vers quoi se porte le regard de notre pauvre monsieur dix ? Tout simplement vers 3 humains socialement plus favorisés que lui.

Ils constituent à eux 4 la gente anthropomorphe du cloitre.


(Dessin au crayon- 1999)

Il est à souligner que la gente humaine n'est pas le thème favori dans les gargouilles et que, quand tel est le cas, ce sont généralement des figures grimaçantes.
Au contraire, nos trois lascars ont des visages sereins et délicats.
Contrairement au vilain, aucun ne crache l'eau par la bouche, mais par un objet qu'il tient à l'épaule. Tous trois sont vêtus, ont un chaperon sur la tête et sont chaussés.

Le premier (14) est un bourgeois à genoux portant une cruche sur son épaule droite :







Le second (15) est un moine à genoux lui aussi. Il a sur son épaule gauche une cruche qu'il tient à deux mains :





Le troisième (16) est un chanoine assis de façon peu élégante. Il porte un tonnelet sur son épaule droite qu'il tient de sa main gauche :





Signalons qu'à Toul, le vin constituait un revenu important pour le clergé qui le revendait aux bourgeois. Les meilleures vignes de l'évêque se situent à Lucey, sur un coteau bien exposé portant encore le nom évocateur de "Vignes l'évêque".