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samedi 29 janvier 2011

Lampes de mineur

La Lorraine, ce fut aussi le charbon. Les HBL (Houillères du Bassin de Lorraine) ont fermé leurs portes après celle du puits de La Houve en 2004.

A Freyming-Merlebach, le colossal immeuble du siège des HBL a été recyclé et les installations minières ont été démantelées, mais la mémoire de cette période, glorieuse, mais avec des hauts et des bas, se perpétue grâce au musée du charbon du carreau Wendel à petite Rosselle. J'en ai déjà parlé ici.







Cette lampe (probablement de type Marsaut) figurait dans la panoplie du mineur et chacun d'entre eux conserve la sienne et éventuellement celle honorifique qu'il a reçu lors de son départ à la retraite.
Ce bel et lourd objet au "verre" en cristal de Baccarat, avait pour rôle non seulement d'éclairer (un casque comme dans les mines de fer aurait suffit !) mais c'était un élément de sécurité vital en cas de grisou. En général, ceux qui se sont retrouvé dans le noir n'ont jamais revu la lumière.

Je rends hommage ici à notre ami Dany V. qui entretient ces deux là et en parle avec amour tout comme de sa mine, bien que n'ayant fait qu'une partie de sa carrière au fond.

Et je rends aussi hommage à tous les mineurs qui ont souffert dans les veines inhospitalières de notre sous-sol.
Leurs enfants, pour qui je fus mono' en 1968 dans une colo de l'URE (ou SSM : sécurité sociale minière dont le siège est encore avenue Foch à Metz) à Olonnes en Vendée, étaient d'adorables fillettes aux patronymes étranges… incluant moult z, y et k… Je crois qu'elles aussi m'aimaient bien !

(27 août 2010)

vendredi 27 août 2010

Les enfants du charbon

Les spectateurs se sont rués vers les parkings, devant les figurants-mineurs imperturbables figés en un tableau final improvisé. Ils se sont engouffrés sur la passerelle avant de pouvoir trouver refuge au sec dans leurs véhicules.
Les trombes d'eau d'une pluie orageuse, à peine moins pire que celle du feu d'artifice du 13 juillet à Toul l'an dernier, se sont abattues sur le sol du carreau Wendel qui s'est très vite transformé en pataugeoire.

La soirée a pourtant commencé dans une douceur exceptionnelle. Le spectacle a débuté à 21heures trente précises nous faisant dire après coup que les organisateurs avaient peut-être pressenti le déluge à venir. Scènes historiques, certaines très émouvantes, danses, chants, pyrotechnie, effets spéciaux : les reconstitutions se sont enchainées avec succès … Costumes réalistes, chorégraphies soignées, véhicules de collection, animaux (ânes et chevaux) authentiques, tout était au point et le public sous le charme n'a pas été avare d'applaudissements. Le seul reproche que je pourrais faire est le manque de punch de certaines scènes, rendant par exemple peu crédible la scène des affrontements entre les mineurs grévistes et le forces de l'ordre.
Et le commentaire en voix off peut-être un peu trop redondant.
Des broutilles !

A un moment, la pleine lune a fait une nébuleuse apparition au travers d'une déchirure des nuages et l'on s'est mis à espérer que la pluie annoncée nous épargnerait.
Vingt-cinquième tableau : on voit les mineurs abandonner au fond pour la dernière fois la grosse haveuse qui se transforme en un monstre à l'allure très dinosaurienne ! Comme un juste retour aux sources du charbon qui ne ferait cependant pas revivre les fougères du carbonifère. Le monstre était donc voué à une mort inéluctable !

Quelques grosses gouttes d'eau perfides… on a alors naïvement enfilé les imperméables.

Le spectacle tirait à sa fin. Il ne manquait plus que 2 tableaux, quand la pluie s'est mise à tomber de plus en plus drue en cascades luisantes dans la lumière des projecteurs.
Quelques spectateurs ont commencé à quitter les gradins, d'autres, résignés, ont tenté de rester devant le spectacle qui continuait.
Il a pourtant fallu se rendre alors à l'évidence : le spectacle était terminé !

Les figurants en combinaison bleue du mineur et coiffés de leur casque blanc à lampe frontale se sont avancé et alignés sur le devant de la scène, protégeant celle-ci d'éventuelles intrusions qui auraient pu affecter le matériel, et balisant de ce le fait le chemin de la sortie. La voix off (celle de Sylvie Dervaux, metteur en scène) a demandé qu'on maintienne la musique.
L'eau s'est accumulée au sol, donnant naissance à de véritables mares qui tentaient de s'écouler en ruissellements torrentiels.
Chaude.
Chacun, pataugeant dans les mares, se dirigeait vers les parkings herbeux sans panique, malgré les éclairs qui zébraient au loin le ciel.

L'évacuation du site s'est faite bien sagement, favorisée par des bénévoles qui n'avaient pas quitté leur poste.
Quand nous sommes arrivés à Freyming, la pluie avait cessé, et nous avons bien ri de nous retrouver en slip tous les huit dans la buanderie exigüe où nous avons accrochés sur les fils nos vêtements ruisselants.

Nous garderons néanmoins un bon souvenir des "enfants du charbon" mais avec le regret non pas d'avoir manqué les deux derniers tableaux, mais de n'avoir pas pu applaudir et féliciter les acteurs et les figurants comme ils l'auraient mérité.

Quelques images prises au pied du puits Vuillemin qui en a vu de toutes les couleurs :

















(Photos du 26 août 2010)

vendredi 25 juin 2010

Musée de la mine (de charbon)

A Petite Rosselle (57) le musée du carreau de Wendel mérite la visite !

Dans un bâtiment ultra moderne en forme de livre, des galeries de mine des différentes périodes ont été reconstituées et "meublées" de tout le matériel que l'on pouvait trouver au fond, essentiellement des haveuses gigantesques de différents types.
Les machines ont a été remonté (dans les deux sens du mot) dans le musée par les gens des HBL mais beaucoup d'autres sont encore au fond, à jamais abandonnées dans les galeries.

Le musée est aussi vrai que vrai, puisque l'on y descend dans des conditions très réalistes…
Il y manque cependant le bruit, la poussière, l'humidité, la chaleur, les courants d'air et surtout les conditions de visibilité : le champ de vision du mineur étant conditionné par l'éclairage de son casque !

En surface, le site est assez fascinant avec ses chevalets et anciens bâtiments de brique rouge qui dominent une aire très vaste ou git tout un tas de matériel stocké là comme dans un cimetière !

La visite est possible du mardi au dimanche de 10h à 18h, même si vous n'aurez pas la chance d'être guidé comme moi par un ami qui y a fait toute sa carrière et fut même un des derniers à quitter les HBL. Il commente avec amour et au présent comme si c'était encore "pour de vrai !"
































Mon seul regret est ne pas avoir pu descendre dans un vrai puits de mine (je ne sais plus pour quelle raison impromptue) le jour où D*** y avait organisé une descente pour le "club des cinq", quelques temps avant la fermeture… Je crois que c'était au puits Simon ? Je n'ose imaginer à quoi ça doit ressembler maintenant, à plusieurs centaines de mètres sous terre !

(Photos du 13 juin 2010)


C'est sur ce site qu'à lieu le spectacle "les enfants du charbon", normalement les 4/5 du club des cinq y seront.