lundi 18 janvier 2010

Bois sous Roche

Jolie promenade dans la neige samedi dernier en partant au-dessus des grottes puis en nous enfonçant dans la forêt en direction de Villey-le-sec. Dans le vallon, le chemin creux monte tout doucement, avant d'amorcer une courbe sur la droite après le carrefour avec le chemin qui relie Chaudeney à Villey.


On parvient assez vite à l'ancienne poudrière (*) construite ici après 1870 dans le cadre des fortifications Serré de Rivières. Le casernement est en grande partie ruiné mais des traces de feu attestent du passage assez récent et peu discret de quelques "bipèdes" négligents.









Des chauves-souris ont leur refuge bien protégé dans une galerie souterraine dont l'accès est fermé par une porte métallique, ajourée dans le haut. Elles ont remplacé les pioupious qui stationnèrent là entre deux guerres ! Lupa y a effrayé deux oiseaux de nuit (chouettes ou hiboux ?) qui, telles deux sentinelles paisibles, attendaient la tombée du jour pour chasser et que je n'ai même pas eu le temps de voir !

31 octobre 2009

Intérieur de la poudrière : photo prise à l'aveugle et à bout de bras par Lupa ; c'est un long tunnel avec un mur au fond ! Il n'y a pas plus l'ombre d'un chiroptère que du volatile que nous avons dérangé. Je présume qu'il y a des couloirs latéraux ?


Plus loin, le puits au milieu de rien est encore plus étonnant en cette saison qu'en plein été. J'imagine un quelconque Mimile, Georges et Bébert puiser l'eau avec un seau de fer blanc par un froid glacial pour les quelques soldats cantonnés ici pour plusieurs jours ou peut-être plusieurs semaines. Ils ont la cigarette au bec et de la vapeur sort de leur nez rougis par le froid… et par la mirabelle. J'imagine le grincement de la poulie, le brouhaha sourd dans le baraquement, les pas de la garde dans les feuilles mortes gelées, une odeur de soupe au chou et de café bouilli.






Sur le sentier forestier, la neige qui est tombée toute la nuit est vierge de toute trace humaine et à peine troublée par le passage de quelques bestioles autochtones : celles de rongeurs qui disparaissent sous une racine de charme ou de chêne, celles de quelques chevreuils qui descendent vers la Moselle. Des pattes d'oiseaux ont laissé une empreinte plus fine. Plus loin, les roues d'un VTT ont tracé un unique sillon bien net que nous quittons sur le plateau lorsque nous bifurquons sur la droite. Nous contournons le fort de Villey tout en longeant d'autres petits ouvrages abandonnés, en belle pierre de taille. Nous redescendons dans la vallée par un chemin où les traces d'un homme (vu la taille des empreintes et la longueur des pas) accompagné de son chien font travailler mon imagination : ici, le type et l'animal marchaient côte à côte, puis l'animal frétillant de la queue s'est enfoncé dans une parcelle, attiré probablement par quelque piste odorante. Là, l'homme s'est arrêté pour siffler le chien. Non loin de là, il a satisfait un besoins naturel. Puis, il a hésité sur le chemin à prendre avant de continuer finalement tout droit en compagnie de son animal qui l'a enfin rejoint…
Alors que nous fermons la boucle, nous retrouvons nos propres traces brouillées par celle de quelques villageois, JM au début de sa balade, B qui nous dépasse, de retour de Villey où il est allé couper du bois…
En bas, la Moselle est à demi cachée derrière aulnes et saules et les cheminées du village fument allègrement dans une ambiance silencieuse et froide.




Photos du 9 janvier 2010


(*) La poudrière de Bois sous Roche, bien qu'étant sur le territoire de Chaudeney, est située en forêt communale de Pierre-la-Treiche. Tout comme les grottes, elle est classée en ZNIEFF (= Zone naturelle d'intérêt faunistique et floristique) gérée par l'ONF incluse dans un site Natura 2000. Quatre espèces de chauves-souris y ont été observées : Myotis myotis (Grand murin), Plecotus auritus (Oreillard roux), Myotis mystacinus (Vespertilion à moustaches) et Rhinolophus ferrumequinum (Grand Rhinolophe). Elle n'est signalée par aucune pancarte et j'espère bien y attirer quelques bipèdes curieux et non malveillants !

lundi 11 janvier 2010

Nancy sous la neige

La neige en ville, c'est vite crasseux et, à moins d'être sur place au petit matin ou juste après la tourmente, il est difficile de trouver de belles étendues vierges de toute trace.

Pourtant elle donne une ambiance assez particulière en raison des contrastes qu'elle crée, de la façon maladroite dont certains piétons se déplacent comme des pingouins sur les frottoirs mal nettoyés, des lumières qui à la nuit tombée donnent au sol et au ciel de jolies couleurs improbables, de la pellicule blanche plus ou moins épaisse qui subsiste sur les voitures stationnées, comme une couverture protectrice…

Je n'ai pas croisé la moindre luge, le moindre bonhomme de neige, la moindre bataille de boules ! La neige en ville est une intruse dont les citadins ne s'accommodent que difficilement, ou alors peut-être en cachette, dans des recoins connus d'eux seuls ?

Place de la Gare





Place Maginot

Gare Saint Léon
(Anthony appréciera !)



Cours Léopold

(10 janvier 2010)

vendredi 8 janvier 2010

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!

J'enrage !

En prenant des photos de la Grande–rue sous la neige dans une partie que j'avais négligée depuis quelques temps, qu'elle n'est pas ma stupéfaction de constater que le Conseil Général y a planté 2 magnifiques panneaux pour signaler l'arrêt de ses bus ! D'une part, ils signalent cet arrêt "place Guyot" de façon erronée et d'autre part, personne au village n'ignore où s'arrêtent les bus TED (Transport en Département) ! Je présume que leurs frères ont poussé devant la salle Poussot, ainsi qu'en bas et en haut du site de Vaux !… Quant à ceux de la Rochotte, je les ai vus pousser malgré le froid.
Admettant l'utilité très relative d'afficher des horaires que tout le monde connait ou peut se procurer en mairie, n'était-il pas possible de faire plus discret ?






Dans le même ordre d'idées, n'aurait-il pas été plus discret de la part du Conseil Régional de planter devant tous les lycées de Toul des panneaux moins surdimensionnés, pour faire de la promotion de ses compétences ?

Je me suis déjà exprimée chez Anthony KOENIG au sujet des 4X3 commerciaux en disant mon espoir que la raison les fasse un jour disparaitre à coup de disqueuse, mais c'est à désespérer si les institutions publiques rentrent dans ce jeu de surenchère et de concurrence inesthétique !

Chemin faisant, j'ai pris cette vieille pub délavée qui ne gâche que peu le paysage puisque je n'y avais jusqu'alors pas vraiment prêté attention ! Ce qui tendrait à prouver qu'on s'habitue aux horreurs qu'on nous impose, au point qu'on finisse par ne plus s'en indigner ?

mercredi 6 janvier 2010

Promenons-nous...

Le "tour par les grottes", c'est un classique dont on ne se lasse pas à Pierre-la-Treiche ! Juste la longueur qu'il faut pour se mettre en appétit avant le déjeuner…



On joue au train, à l'ours, à l'homme de Cro-Magnon, à l'arbre…







(La famille ici ! Bah, une fois n'est pas coutume ! L et E me pardonneront et les petits se reconnaitront avec plaisir.)

(26 décembre 2009)

mardi 5 janvier 2010

Victor

Il a quitté son Italie natale à 10 ans et depuis, dit-il, il n'a plus quitté son "trou" !

Son trou, c'est un petit pavillon à Xonrupt, sur le bord de la Vologne, envahi par ses œuvres jusque dans le moindre recoin du jardin et du sous-sol. Et quelles œuvres ! Taillées à grands coups de tronçonneuse et de burin dans des troncs de sapin, ce qui ne manque pas dans les forêts alentours !


Des femmes aux seins improbables, des gnomes sotréïformes, des bonshommes aux yeux illuminés de billes de verre ou d'acier qui lui ressemblent étrangement. Des animaux peints...


Quelques têtes sont taillées dans de gros blocs de grès.



Quelques personnages sont identifiables, tel un chouette Don Quichotte et de maladroits Dalton.

Cinq euros le petit oiseau sur sa racine, dix euros pour trois ! De l'art naïf, touchant par son aspect obsessionnel. Victor appelle cela son musée et vous n'en sortirez pas sans avoir inscrit vos impressions sur son livre d'or... enfin, sur le vieux cahier corné qui attend les visiteurs sur un établi encombré au-dessus duquel divers articles de journaux vantent les œuvres de l'artiste. Difficile de trouver l'inspiration dans de telles conditions, ahurie que j'étais, car bien sûr, comme toujours, c'est à moi qu'on a confié le stylo !

"Félicitations ! Diatonic-Toul"

C'est un peu court, mais j'étais baba, sans voix !
Nous passions ici par hasard, nous n'avons pas été déçus du détour. Sacré Victor qui avait oublié qu'il y avait un pont pour franchir la Vologne à 200 m de chez lui !

dimanche 3 janvier 2010

Le renard qui fume

Après que la neige ait fondu, la montagne imbibée comme une éponge, suinte de partout d'une eau vive et fraiche. La terre n'est pas capable d'absorber en plus la pluie fine qui finira par se changer en quelques fins flocons.

... bergère, attention aux renards qui fument dans la montagne !











Xonrupt/Longemer-31 décembre 2009; 1er janvier 2010

vendredi 1 janvier 2010

2009-2010

Il y avait tout un tas de choses écrites sur la dernière page du grand cahier, certaines avec une belle écriture appliquée, avec des pleins et des déliés comme ceux que je faisais dans mon enfance avec la plume sergent major que je trempais dans l'encrier de porcelaine blanche. Il y avait aussi de chouettes dessins en couleurs : des fleurs dont on pouvait presque respirer le parfum délicat et des oiseaux qui chantaient une mélodie douce à l'oreille. C'était très agréable à regarder, à écouter, à respirer. Hélas, il y avait aussi de vilains pâtés et des ratures très laides, de noirs gribouillis et tout un tas de phrases inachevées ou illisibles. Je n'ai pas osé y mettre le mot "Fin" dans le bas. J'ai mouillé mon index avec ma langue et, lentement, j'ai tourné cette page, puis j'ai frotté doucement la nouvelle de bas en haut et de haut en bas avec le plat de la main droite pour qu'elle se maintienne bien ouverte. J'ai pris mon plus beau stylo et je me suis appliquée en tirant la langue comme un écolier pour tracer tout en haut ces 4 chiffres : 2, 0, 1 et encore 0. J'ai reposé le stylo sur la table, sans quitter des yeux cette belle surface blanche pleine d'espoir et de promesses… souhaitant y voir le moins possible de taches et de souillures.