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lundi 29 juillet 2013

Expédition dans la (cam)brousse (II)

Nous avions déjà bravé cette contrée sauvage lors d'une expédition courageuse en août l'an dernier. (Récit de l'aventure à lire ici). Conscients que nous étions passés à côté de plein de trésors, nous avons organisé cette année une seconde expédition estivale pour traquer animaux sauvages et fleurs rares, la période étant favorable à une telle exploration.
Prévoyant que les risques que nous allions encourir seraient encore plus grands que l'an dernier, nous avons laissé les moussaillons au port et décidé de tenter l'exploit juste tous les deux, Lupa et moi.

Partis au petit matin dans une atmosphère étouffante, nous avons fait un détour technique par Arches : la saison de la Wahlenbergie étant ouverte.

La chaleur torride s'amenuisait heureusement au fur et à mesure que nous prenions de l'altitude. Nous sommes enfin parvenus dans un des secteurs les plus sauvages de la montagne pour l'heure du déjeuner que nous avons bientôt tiré du sac et rapidement englouti à l'abri des prédateurs avides. Puis nous avons poursuivi notre chemin sur un sentier étroit et désert.

Peu de traces humaines, sinon quelques installations bizarres que nous avons identifiées comme étant une piste d'atterrissage secrète pour extra-terrestres

Il y avait d'ailleurs un étrange vaisseau spatial posé sur un sommet lointain.

Plus loin, nous avons découvert les traces d'une ancienne civilisation qui ne devait pas être très pacifique.

Nous avons marché pendant des heures sans rencontrer âme qui vive.

Prudente, je marchais toujours dans les pas de Lupa qui ouvrait la marche. On en conclura judicieusement que je fermais la marche, prenant le risque d'être attaquée par l'arrière !

La neige nous ayant surpris près d'un haut sommet, nous avons dû faire demi-tour pour redescendre à une altitude aux conditions météorologiques plus supportables.

Avant de retrouver des traces de vie humaine, il a fallu traverser des hêtraies touffues et sombres, presque impénétrables,

mais qui heureusement nous dissimulaient à la vue de méchants oiseaux bien disposés à nous attaquer dès que possible.



Parvenus près d'un lac dans une vallée isolée, nous avons partagé un repas frugal proposé par une tribu primitive qui vivait sur ses rives.

Quelques spécialités à base de porc grillé nous furent proposées, accompagnées de tubercules râpés et frits. Ce légume rustique est particulier à la région et constitue la base de l'alimentation locale. Nous avons terminé par quelques "brimbelles", nom donné par la tribu à un fruit très comparable à nos myrtilles, merveilleusement cuisinées par les femmes que nous avons juste entraperçues, dans leur costume traditionnel.

Avec cela, nous avons bu un délicieux élixir doré et clair, délicatement fermenté, dont le nom sonne curieusement à nos oreilles lorraines. Boisson qui semblerait être importée d'une région voisine par un trafic plus ou moins hasardeux à travers la montagne.

Il faisait encore chaud quand le soleil a donné au lac et au ciel des teintes chatoyantes nous indiquant qu'il était grand temps de regagner notre camp de base.

Avant de quitter ces lieux ma foi fort accueillants, nous avons dû pratiquer un curieux rituel qui consiste à insérer une carte dans une drôle de boite où il fallut taper sur des touches, en échange de quoi la boite nous éjecta un petit bout de papier en souvenir.

dimanche 24 mars 2013

Les Noires Feignes : haro sur l'épicéa !


L'assemblée générale tournante du Conservatoire des Espaces Naturels de Lorraine (anciennement Conservatoire des Sites Lorrains) avait lieu samedi 23 mars à Pouxeux dans les Vosges.
Mappy avait bien comploté avec Tom-Tom pour prévoir tous deux exactement 1 heure 07 de route, presque entièrement sur de la 4 voies, infernale sur une partie du trajet, surtout quand les poids lourds roumains ne sont pas capables de rouler droit et que les panneaux "trous en formation" et "chaussée déformée" fleurissent plus rapidement que les jonquilles dans les bois ! Mais comme d'hab', MamLéa et Lupa étaient parmi les premiers arrivés.
Lupa a donc pu emmarger tranquillement sans être dans la bousculade puis nous avons profité tranquillement du café et des viennoiseries tout en papotant avec l'un ou l'autre au fur et à mesure des arrivées. Il faut saluer ceux qui, venant, de loin avaient fait un long trajet par des routes pas faciles. La Lorraine est grande et la liaison Bitche Pouxeux par exemple, n'est pas une des plus simples.
Discours, rapports divers, votes : la séance s'est déroulée comme toute AG et je ne me suis même pas assoupie !
Un peu de retard pour le repas confectionné par un traiteur local qui fut d'honnête qualité, voire original.
Mais le clou des AG du "conservatoire" est la sortie de l'après-midi, sans laquelle je n'aurais pas spécialement intérêt d'accompagner monsieur. Celle de cet après-midi était programmée sur le site des Noires Feignes, à cheval sur les communes d'Arches et de Pouxeux.
Un bus nous a conduis sur place...à reculons sur le tronçon final.
"Feignes" signifiant zone tourbeuse, les bottes étaient obligatoires, mais prohibées dans le bus... aussi le spectacle d'une cinquantaine de personnes se tenant sur une patte comme des flamants roses et se contorsionnant  pour se chausser sans vaciller en se retenant à ce qu'ils pouvaient pour ne pas poser le pied dans le bas côté frais, était assez jouissif !
Les gens se sont répartis en 4 groupes afin de profiter des 4 animateurs et des 4 centres d'intérêt. Les thématiques de chacun étant complémentaires, c'était frustrant de devoir faire un choix.
Le site géré et en cours de restauration par le CEN, est un fond de vallon entaillé dans le grès. Humide sur toute sa longueur, il y a même une tourbière et, en amont, un étang en cours d'assec.
De nombreux propriétaires, parfois passés aux oubliettes, se partagent le parcellaire et le CEN doit faire avec un morcellement provenant de l'avantage qu'il y avait autrefois à y exploiter la tourbe.
Puis au lendemain de la seconde guerre, on estima que le pays avait besoin de bois. L'état favorisa et finança la plantation... d'épicéas. Ce ne fut pas une initiative de génie, car l'épicéa n'apprécie pas spécialement les marécages, et s'il pousse quand même tant bien que mal, il est de bien piètre qualité. En outre, il acidifie le milieu et les eaux du ruisseau (le ruisseau des Noires Feignes). Il assombrit le sol ce qui a pour conséquence de réduire la diversité floristique et faunistique du milieu, d'influencer le profil et l'ensablement du ruisseau... l'acte d'accusation est chargé. Bref, l'épicéa (Picéa abies) a tout pour (dé)plaire !
Afin de favoriser la reconstitution naturelle de l'aulnaie, le CEN s'attaque à l'épicéa en procédant à l'abattage ou au cerclage des arbres.
L'abattage fournit des pieux pour bardage qui seront utilisés sur le site pour re-profiler les rives du ruisseau.
Le "cerclage" fera crever les arbres sur place, fournissant des abris à toute une faune variée allant des insectes xylophages aux chauves-souris.
Pour la flore, la panoplie des plantes spécifiques des tourbières est bien représentée : sphaignes, plantes insectivores (Rossolis à feuilles rondes), caneberge ainsi que quelques bestioles intéressantes et d'autres invasives comme l'écrevisse de Floride.

Pour la partie agricole du site située la plus en aval, occupée par des prairies humides, elle est gérée par les propriétaires agriculteurs en accord avec les consignes du CEN. La Wahlenbergie à feuilles de lierre, une campanulacée très rare des zones humides acides, protégée, peut y être contemplée en été.


Notre guide Cyril, technicien chargé d'études et d'animations.

Le groupe attentif au point de départ... pour les généralités utiles.


Le ruisseau dans une parcelle sous épicéas, très pauvre en végétation autre que les mousses.

"Cerclage" d'un épicéa : cela consiste à enlever l'écorce sur une partie du tronc (environ 50 cm) et à entailler légèrement celui-ci à la base de la zone ainsi écorcée.

Le ruisseau dans une partie occupée par une aulnaie naturelle, riche en espèces végétales.

Une jolie mousse légère, la Thuidie à feuilles de tamaris, au milieu des sphaignes, polytric et de quelques "boules" de leucobryum.


Le ruisseau des Noires Feignes en aval, au milieu des prairies.

Écrevisse de Floride

- Site du Conservatoire des Espaces Naturels - Lorraine
- Page facebook du CEN.